Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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Jean de SILHON (1596-1667)

Les deux vérités (1626)

Né à Sos près de Nérac, Jean de Silhon (1596-1667), entré au service de Richelieu puis de Mazarin, partagea le pouvoir et les disgrâces des deux cardinaux, et vit sa maison pillée pendant la Fronde. Il fut l’un des premiers membres de l’Académie française, en 1635, et proposa (sans succès) qu’on se borne, dans la rédaction du Dictionnaire, à corriger les anciens lexiques. Ses ouvrages de circonstance défendent la politique de Richelieu, l’un contre les prétentions de la Cour de Rome, l’autre contre celles de la maison d’Autriche. Chapelain voyait en lui un de nos meilleurs écrivains en matière politique, et Bayle un des plus solides et judicieux auteurs de son temps.
Le premier et principal ouvrage philosophique de Silhon veut prouver, par la seule lumière naturelle, deux vérités fondamentales, l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme (objet, en 1634, d’un second traité), contre les libertins et courtisans du siècle, sceptiques, athées, «naturalistes», sectateurs d’Epicure ; en résumé, contre Montaigne et Charron. L’intention polémique n’est cependant pas l’essentiel, mais bien plutôt une méditation sur la notion de vérité, les moyens de la connaissance et les objets à connaître, la spécificité de l’union de l’âme et du corps en l’homme, et les rôles respectifs de la raison et de la foi.
Le bon Monsieur de Silhon parlait bien, disait Guy Patin ; il écrit de même : la richesse du vocabulaire et la vigueur de l’expression font oublier souvent l’austérité du sujet.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Les deux véritez de Silhon, l'une de Dieu et de sa Providence, l'autre de l'Immortalité de l'Ame est paru à Paris, chez Laurent Sonnius en 1626.
Nous avons utilisé l'exemplaire D 52361 de la Bibliothèque Nationale, Paris (une erreur de pagination fait passer de la p. 431 à la p. 434). L' Avertissement au lecteur "conjure de lire les Errata de ce livre": nous les avons reportés dans le texte. Silhon poursuit en prévenant contre "des fautes lourdes et en grand nombre", "insupportables", "qui font des galimathias et des contresens". Tout en respectant cependant orthographe et ponctuation, nous avons procédé à quelques corrections indispensables pour le sens du texte, toujours signalées par des crochets droits ; selon les normes de la collection, la typographie (&/et, i/j, v/u) a été modernisée.

Jean-Robert Armogathe

 

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