Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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MARIOTTE

Essai de logique (1678)

Abbé propriétaire du prieuré de Saint-Martin-sous-Beaune, qu’il reçut pour prix de ses travaux, Edme Mariotte (?1620-1684), membre de l’Académie des Sciences, fort estimé de ses contemporains, est surtout connu pour ses découvertes en hydrostatique et la loi de compressiblité des gaz.
Par son Essai de Logique contenant les principes des sciences, et la manière de s’en servir pour faire de bons raisonnements, l’auteur, physicien et philosophe, espère, pour l’accroissement des sciences et contre l’esprit de secte, mettre fin aux disputes des savants et aux erreurs des sceptiques, dont il cherche à la fois les causes et le remède. En arithmétique, en géométrie et en physique, il teste la validité des principes, définitions et propositions et montre leur bon usage, faisant tout ensemble oeuvre de savant et d’épistémologue. L’Essai présente en outre cette originalité, d’affirmer l’importance de l’expérience en un temps où le choix d’une démarche exclusivement rationnelle dominait la science classique. Condorcet le célébrait pour avoir introduit en physique l’esprit d’observation et de doute.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Quoique l'Essay de logique, contenant les principes des sciences, & la maniere de s'en servir pour faire de bons raisonnemens ait paru initialement sans nom d'auteur, l'attribution au physicien Edme Mariotte, membre de l'Académie Royale des Sciences de 1668 à 1684, ne fait aucun doute.
Cet ouvrage a été imprimé à trois reprises jusqu'ici. La première édition, la seule séparée, a été publiée in-12° au premier semestre de 1678 chez Etienne Michallet à Paris (paginée [10]-248-[2] p. avec 11 figures h.-t.). Les deux autres éditions ont été insérées dans les recueils in-quarto des Œuvres de Mariotte parus respectivement chez Pierre Vander Aa à Leyde en 1717 (tome II, pages 609-701 et planche xxv h.-t.), et chez Jean Neaulme à La Haye en 1740 (même pagination, mais dans une impression différente).
Cette édition suit le texte de la première édition, la seule parue du vivant de Mariotte, l'exemplaire pris comme référence étant celui de la Bibliothèque Nationale de Paris conservé sous la cote R.11033.
Le découpage des propositions et des paragraphes, l'orthographe, l'accentuation, ainsi que les notations mathématiques ont été scrupuleusement respectés (on a toutefois tacitement corrigé une vingtaine de fautes d'impression et autres inadvertances grammaticales —singulier pour pluriel, féminin pour masculin, et inversement). On a également résisté à la tentation de normaliser la ponctuation et l'usage des majuscules, en dépit de leur caractère souvent surprenant pour un lecteur moderne, et parfois même de leur manque de cohérence: seuls les rares passages où l'intelligence du texte était rendue difficile ont fait l'objet de modifications minimes, en général par l'ajout d'un signe de ponctuation placé alors entre crochets droits. Les errata mentionnés dans la liste de “Fautes survenuès en l'Impression” imprimée en tête de l'édition de référence ont été intégrés sans spécification dans le texte (la liste en question n'est donc pas reproduite ici). La typographie a été légèrement modernisée : en particulier, les “et” ligaturés ont été systématiquement transposés, et les abréviations par contraction et par suspension résolues. L'usage des italiques a aussi été respecté: on s'est borné à l'étendre à quatre membres de phrases que l'imprimeur avait malencontreusement imprimés en romains. Les notes éditoriales (il n'y a pas de notes de Mariotte) signalent les corrections qui ont dû être opérées pour rendre intelligibles certains passages — les mots ajoutés étant donnés entre crochets droits —, plus quelques variantes provenant des éditions de 1717 et 1740. Pour des raisons techniques, il a fallu redessiner les figures d'après celles de l'édition originale. Par ailleurs leur emplacement a été modifié: alors que dans l'édition de 1678 elles sont regroupées à part, elles sont intégrées ici au texte, et ce autant de fois qu'il est renvoyé à chacune d'elles (les légendes ont dû être très légèrement modifiées, tandis que les renvois en marge, ici sans objet, ont été omis).
L'édition de référence étant dépourvue de table des matières, on en a établi une pour la présente édition en s'inspirant de celle insérée dans l'édition de 1740 des Œuvres de Mariotte (par souci de cohérence, on s'est conformé à l'usage orthographique en vigueur dans la présente édition).
Depuis les travaux de Bernard Rochot, on sait que l'écrit intitulé Les principes du debvoir et des cognoissances humaines publié à diverses reprises à l'époque moderne sous le nom du mathématicien et collègue de Mariotte à l'Académie des Sciences, Gilles Personne de Roberval (1602-1675), présente des rapports étroits avec l'Essay de logique: non seulement son contenu est en gros le même que celui de la Première Partie de l'ouvrage de Mariotte, mais des passages entiers s'y retrouvent soit en substance, soit mot pour mot. C'est pourquoi on a jugé à propos de republier ce texte, en collaboration avec Alan Gabbey, à la suite de l'Essay de logique, ce qui permettra au public de disposer pour la première fois d'une édition conjointe des deux ouvrages.

Guy Picolet

 

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