Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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LINGUET

Théories des lois civiles (1767)

L‘on aimerait à narrer par le menu la vie de  Simon-Nicolas-Henry Linguet (1736-1794), brillante comme son style et audacieuse comme sa pensée. Il échoue à l’Académie française, et s’en venge en d’abominables pamphlets ; entre au Barreau de Paris, d’où les envieux le font exclure; fonde un journal politique qui lui vaut la Bastille et l’exil ; gagne, et perd, les faveurs de Joseph II pour avoir soutenu les insurgés du Brabant ; plaide la cause de Saint-Domingue à l’Assemblée constituante, puis dénonce les principes de la Révolution — et le voici condamné à mort.
Ce «Copernic de la législation» use étonnamment du paradoxe pour construire sa Théorie au sein d’une polémique diversifiée. Contre les Physiocrates, il réfute l’origine agricole de la société: la propriété résulte de la victoire des chasseurs sur les bergers ; il considère les traités du droit naturel comme des «traités de servitude» : le droit civil s’identifie au politique, et la société n’a pas d’autre origine que la violence, car les hommes, non plus que les animaux, n’échappent au rapport primordial de domination. D’où suit que la loi ne fonctionne pas comme principe, mais comme simple régulation des conflits. Linguet, juriste, souligne le pouvoir qu’ont les hommes de changer le droit ; l’anachronisme de la législation demande plus qu’une réforme : une révolution ?

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

La Théorie des lois civiles ou principes fondamentaux de la société est parue à Londres en 1767.
Nous publions ce texte en modernisant la typographie.

Francine Markovits

 

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