Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
| Notice biographique | Voir la page de présentation du livre | Voir la table des matières | Voir l’index |
EUGENE LERMINIER
Philosophie du droit, 1831, (octobre 2008)
Avocat à la cour royale, auteur en 1827 d’une thèse sur Savigny, Eugène Lerminier (1803-1857) ouvrit en 1828 avec Charles Comte un cours indépendant sur l’histoire philosophique et littéraire du droit qui eut un grand succès. L’Introduction générale à la philosophie du droit, qui en est issue (1829), vise à distinguer le droit de la législation, à montrer qu’il n’a pas atteint une perfection définitive et qu’il repose sur deux éléments, l’élément philosophique (en gros, à cette date, la philosophie de Victor Cousin) et l’élément historique (compris à la manière de Savigny). Catalogue des Auteurs. |
Présentation du livre
La Philosophie du droit fut publiée à Paris en 1831 chez l’éditeur-libraire Paulin (deux tomes en un volume in 8°). L’ouvrage connut deux autres éditions du vivant de Lerminier : en 1835 (deux volumes, chez Charpentier) et en 1853 (un volume, chez Guillaumin). La deuxième édition est identique à la première. La troisième est augmentée sans que soient bouleversées les options de base de l’ouvrage. Le problème est qu’il n’y a plus guère de sens en 1853 à critiquer Victor Cousin de la même façon qu’en 1831.
Très critique à l’égard des « libéraux » Cousin, Guizot et Thiers sans toutefois adhérer au républicanisme (et encore moins au « socialisme »), Lerminier avait été perçu par ses auditeurs et ses lecteurs comme un opposant au régime original et prometteur. Son ralliement inattendu à la politique de Thiers, puis de Molé et de Montalivet, produisit en 1837 l’indignation et la colère de ce public qui, se sentant trahi, mit un tel désordre dans le cours du « renégat » qu’il ne put jamais remonter dans sa chaire. La publication de la Philosophie du droit avait été, en 1831, un événement. Sa réédition en 1853 passa inaperçue.
Telles sont les raisons qui nous ont conduit, dérogeant exceptionnellement aux règles de cette collection, à proposer ici au lecteur le texte de la première édition, qui correspond au moment le plus inventif de la carrière de Lerminier.
Nous avons modernisé les usages typographiques et corrigé les erreurs d’impression manifestes. En revanche nous avons conservé les habitudes orthographiques de l’auteur parfois désuètes (sauf cas gênants pour le lecteur contemporain, par exemple « psycologie » , « olygarchie », « Mallebranche » , « Hégel »)