Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
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HELVETIUS
Claude-Adrien Helvétius (1715-1771), fermier général dès l’âge de 23 ans — dépensant sa fortune, dit-on, en plaisirs et en bienfaits quitta la finance pour les lettres vers 1750, et s’essaie d’abord à la poésie et au théâtre ; lecteur de Condillac, il opte pour la philosophie. La lecture du second traité s’impose, si l’on veut saisir l’ensemble, et l’actualité, de la pensée d’Helvétius. On y trouve la défense et illustration des thèses, controversées, du précédent - la notion d’intérêt ; la généalogie des croyances religieuses, et leur inanité ; la critique du rôle social et politique du clergé — avec l’exposé, sans détour ni sous-entendus, d’un matérialisme conséquent ; plus une critique, très significative, de l’Emile de Rousseau. Philosophe de l’éducation, Helvétius se fait réformateur, et définit l’esprit d’une organisation de l’instruction publique. De l’Homme, enfin, pose le problème de l’humanité, à tous les sens du terme : nature ou essence spécifique, bienveillance, mais aussi coexistence des nations par toute la terre. Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont) |
L'ouvrage, dont il est sûr que la conception et la rédaction étaient menées à bien dès 1769, ne sera publié qu'après la mort de l'auteur, décédé le 26 décembre 1771. On ne trouve pas ou plus d'édition antérieure à 1773. L'édition la plus ancienne figurant au catalogue de la Bibliothèque Nationale est celle en deux volumes, publiée à Londres, par la "Société typographique", 1773. Le catalogue mentionne "ouvrage posthume de M. Helvétius (publié par le prince Galitzin)". C'est le texte de cette édition qui est ici reproduit.
Les éditions postérieures sont entièrement conformes à l'édition de 1773, à Londres, les seules variantes dignes d'être mentionnées étant la présentation typographique des quatre chapitres qui suivent, à la fin de l'ouvrage, la Récapitulation (par exemple, l'édition Lepetit, de 1818, présente ces chapitres sous le titre "Conclusion générale") ; et d'autre part la présentation des notes.
La présente édition conserve, avec parfois leurs incertitudes ou leurs variations, l'orthographe, l'accentuation et la ponctuation de l'édition mentionnée. Elle en conserve aussi la présentation des notes, qui distingue des notes appelées par des lettres, placées en bas de page, et des notes appelées par des chiffres et placées en fin de section (les éditions postérieures dont nous avons pris connaissance placent toutes les notes en bas de page). Pour la correction des coquilles ou erreurs diverses du texte de 1773, ont été consultées l'édition des Œuvres d'Helvétius, à Paris, chez Jean Servieres (et) Jean-François Bastien, 1792, et l'édition des Œuvres complètes d'Helvétius, nouvelle édition, à Paris, chez Mme Ve Lepetit, 1818.
Le plus souvent, Helvétius traduit en français, au plus près de sa citation, les phrases ou les passages qu'il rapporte en latin. On trouvera en fin d'ouvrage une proposition de traduction pour les quelques phrases dont il ne donne pas dans le contexte immédiat l'équivalent en français.
L'exemplaire de référence a été prêté par la Bibliothèque SJ des Fontaines à Chantilly.
Geneviève et Jacques Moutaux