Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
DE GERANDO
De la génération des connaissances humaines (1802)
Un homme qui abuse de sa faculté d’écrire, il «se mêle de tout, il se fourre partout...» disaient de Joseph-Marie de Gérando, baron d’empire (1772-1842), ses collègues de l’institut. Elévé chez les Oratoriens et destiné à l’Eglise - mais la révolution l’en empêcha - deux fois en exil pour ses tendances royalistes, il fut attaché au Ministère de l’intérieur sous l'Empire et professeur de droit administratif sous la Restauration.
Plus que par ses écrits philosophiques, pourtant couronnés par l’Institut et l’Académie de Berlin, de Gérando est connu pour ses activités administratives et philanthropiques — véritable professionnel de la réintégration de tous ceux qu’il nomme les "exilés" (malades, sourds-muets, enfants sauvages, fous, indigents: les exclus). On le considère également comme fondateur de l’Ecole des Chartes, sans oublier ses travaux relatifs à l’anthropologie, lors de l’expédition du capitaine Baudin vers les terres australes.
Idéologue mais spiritualiste, de Gérando englobe l’idéologie dans l’éclectisme. Son mémoire répond à la question de l’Académie de Berlin: démontrer l’origine de toutes nos connaissances, en présentant les arguments, anciens ou inédits, de manière nouvelle. Le problème ainsi posé fait d’abord du philosophe un historien: voici donc testée, de l‘Antiquité jusqu’à Kant, la valeur des hypothèses proposées sur l’origine des idées. D’où ressort la nécessité d’une théorie nouvelle à établir sur les manques des précédentes, en conservant leurs acquis : si la doctrine des idées innées est démontrablement fausse, le sensualisme demande en outre une théorie des facultés.
Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)
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Présentation du livre
Nous reprenons la première édition de La génération des connaissances humaines, publiée à Berlin en 1802.
Georges Navet
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