Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française
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FONTENELLE
Oeuvres complètes t.V (1710-1751)
Une longue et brillante carrière d’homme de lettres, une réputation de bel esprit, un style parfait : toutes choses qui ont fait oublier que Bernard de Bovier de Fontenelle (1657-1757) est aussi philosophe. Il entre à l’Académie française en 1691 en 1697, à l’Académie des sciences, dont il reste Secrétaire jusqu’en 1737, et rédige les célèbres Eloges. Dans le même temps il s’occupe de sciences exactes, en particulier des mathématiques de l’infini. Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont) |
Nommé en 1697 secrétaire de l'Académie des Sciences, Fontenelle ne se laisse pas entièrement absorber par les lourdes tâches qu'impliquait cette fonction, ni même par les recherches physiques ou mathématiques auxquelles il fut entraîné. Alors même qu'il résumait les travaux de toute l'Europe savante, se faisait géomètre de l'infini et apologiste des tourbillons cartésiens, il lui arrivait de s'adonner à la littérature. Il composa, par plaisir, ou sur l'appel de suggestions mondaines, sept pièces de théâtre. D'abord une tragédie, Idalie, écrite sans doute vers 1710. Puis six comédies Macate (1722), Le Tyran (1724), Abdolonime (1725), Le Testament (1731), Henriette (1740), Lysianasse (1741). Fontenelle en 1751 publia toutes ces pièces en les faisant précéder d'une longue préface, où il expliquait sa conception du théâtre, modelée à la fois par la comédie larmoyante de Destouches et de Nivelles de la Chaussée, et par la comédie psychologique de Marivaux. Nous avons donc donné dans ce volume cette préface, puis toutes les pièces écrites alors. Nous y avons joint les discours que le vieil écrivain prononça à l'Académie française – discours officiels pour le roi, pour le régent, pour Chalamont de la Visclède – discours pour de nouveaux élus, le cardinal Dubois en 1722, Néricault-Destouches en 1723, Mirabaud en 1726, l'évêque de Luçon (Michel de Bussy-Rabutin) en 1732, l'évêque de Rennes (Guérapin de Vauréal) en 1749 –; discours enfin de doctrine littéraire, sur les travaux de l'Académie en 1741, sur la rime en 1749. Dans une troisième section le lecteur trouvera deux autres ouvrages proprement littéraires du vieux Fontenelle – l'Eloge de Mme de Lambert (1733) et le petit traité Sur la poésie, qui ne fut publié qu'en 1751, mais doit remonter aux années 1735.
Le théâtre et la poésie se métamorphosent. La régence et le règne de Louis XV voient naître une nouvelle France et une nouvelle Europe. Jusque dans son extrême vieillesse, Fontenelle demeure attentif à ces changements, les peint, les approfondit, et parfois y concourt.
Alain Niderst