Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue française

 

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CONDILLAC

Traité des systèmes (1749)

Elève des Jésuites de Lyon, puis du Séminaire de Paris, ordonné prêtre en 1740, Etienne Bonnot de Condillac (1714-1780) quitta très tôt le sacerdoce pour la vie mondaine des gens de lettres. De 1758 à 1767, il vit à Parme, précepteur de l’Infant, pour lequel il rédige un Cours d’études. De retour à Paris, il est élu à l’Académie française ; en 1759, il sera membre de l’Académie de Berlin, puis en 1776, de la Société Royale d’Agriculture d’Orléans. Déclinant l’offre du Dauphin qui souhaitait lui confier l’éducation de ses fils, il se retire chez sa nièce pour y préparer l’édition future — et posthume — de son oeuvre.
Les contemporains apprécièrent le Traité des Systèmes plus que ceux qui suivirent: l’abbé Raynal le trouve «plus agréable et plus estimable» ; d’Alembert, à l’article Système de l’Encyclopédie, cite abondamment le premier chapitre. Par la suite, les Idéologues puis Auguste Comte en retiendront les leçons.
Le Traité critique l’abstraction sous toutes ses formes, en analysant, non les contenus, mais les conditions logico-formelles du discours qui rendent la pensée systématique inacceptable : cela permet à l’auteur d’envelopper sous la même réfutation des doctrines aussi disparates que la métaphysique des idées innées et l’art divinatoire. Un bon système n’est pas une totalisation partant de principes a priori, mais la liaison d’une multiplicité de données à partir d’un phénomène bien choisi : celui de Newton montre en science le modèle optimal de la systématicité, paradigme à importer dans les autres disciplines, arts mécaniques, beaux-arts, éthique et politique.

Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont)

 

Présentation du livre

Editions successives du Traité des systèmes:
Traité des systèmes, où l'on en démelle les inconvénients et les avantages, par l'auteur de l'Essai sur l'origine des connaissances humaines", La Haye, Neaulme, 1749, in 12°
Une autre édition à Amsterdam et Leipsieck, Arstée et Merkus, en 1771, in 12°, avec le nom de l'auteur.
Œuvres philosophiques, Paris, Guillemard, 1792, 4 volumes (le Traité des systèmes est dans le tome II); Paris, 1795, 6 vol. in 12°
nouvelle édition, Paris, 1798, 6 vol. in 18°.
Œuvres de Condillac, revues, corrigées par l'auteur, imprimées sur ses manuscrits autographes, et augmentées de la Langue des calculs, ouvrage posthume, à Paris chez Gratiot, Houel, Guillaume et Gide et à Strasbourg, chez Levrault, libraire, an VI, 1798, 23 volumes (le Traité des systèmes est dans le tome II)
D'après J M. Quérard, autre édition par Arnoux et Mousnier, Paris, Bobillot, an VIII, 1799, 34 vol., in 18°; 1803, 31 vol. in 12°.
Œuvres Complètes, éditées par A.F. Théry, Paris, Lecointe et Durey, 1821 1822, 21 volumes (le Traité des systèmes est dans le tome II).
D'après l' Encyclopedia universalis, autre édition en 16 vol., Paris, 1882.
Œuvres philosophiques de Condillac, "Corpus général des philosophes français", texte établi et présenté par Georges Le Roy, Paris, P.U.F., 1947, 3 volumes in 4°. Cette édition reprend le texte de 1798, avec en notes, les variantes de l'édition de 1749.
Nous publions ici la dernière édition du Traité des systèmes préparée par Condillac mais qui ne parut qu'après sa mort, en 1798. Si l'on compare les éditions de 1749 et de 1798, on constate que la modification la plus importante est à la fin du texte: Condillac a entièrement remanié le chapitre XVII et ajouté le chapitre XVIII qui ne figurait pas dans l'édition de 1749. Ce dernier chapitre semble justifier le remaniement en renvoyant le lecteur aux différents ouvrages que Condillac avait publiés entre temps.

 

Francine Markovits

Michel Authier

 

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