PROUDHON |
|
DE LA JUSTICE DANS LA RÉVOLUTION ET DANS L'ÉGLISE |
|
(4 TOMES) |
|
Tomes I et II |
|
|
|
TOME I |
|
|
|
Philosophie populaire. Programme |
7 |
Discours préliminaire[Prologue] |
85 |
[Nous republions ici les "Arguments" composés par Proudhon pour la première édition] |
|
ARGUMENT POUR LE PROLOGUE |
|
Le pyrrhonisme, après avoir frappé les idées, s'attaque aux mœurs. Le problème de la certitude philosophique |
|
se trouve ainsi ramené au problème des droits et des devoirs, ou problème moral, en sorte que la solution de |
|
celui-ci donnerait la clé de celui-là. Or, le problème moral ne peut être résolu que par la Révolution ou par |
|
l'Église: la première, organe de la pensée purement juridique ; la seconde, organe de la pensée religieuse. |
|
Toute éthique rentre fatalement dans l'un ou l'autre système. Mais, grâce à l'opinion qui rattache à une |
|
considération surhumaine le principe de la Justice et des mœurs, la question de droit n'a jamais été franchement |
|
dégagée de la question de foi; toujours un peu de religion s'est mêlé à la cause de la liberté, toujours un peu |
|
de liberté s'est introduit dans le système religieux; et ni la Révolution n'a pu enlever l'Eglise, ni l'Eglise |
|
triompher de la Révolution. Il semble donc que le moyen d'en finir, de sauver avec la Révolution la conscience |
|
et la certitude humaines, soit de changer d'hypothèse, d'abord en renonçant à toute pensée de conciliation entre |
|
deux puissances manifestement incompatibles ; puis, et surtout, en posant la question de droit en dehors de toute |
|
théodicée. Alors de deux choses l'une: ou c'est l'Eglise qui possédera la vraie science des mœurs, avec elle la |
|
raison de l'humanité et des choses, et conséquemment la Révolution devra être écartée comme immorale ; ou |
|
c'est le contraire qui aura lieu : telle est la question décisive qu'on s'est proposé de vérifier dans ces Etudes. |
|
|
|
PREMIERE ÉTUDE |
129 |
Position du problème de la Justice |
|
ARGUMENT |
|
Pour que la société soit possible, un principe de régularisation des rapports humains, quelque chose comme ce |
|
que nous appelons Justice, est nécessaire. Or, ce principe, pour agir avec efficacité, ne peut pas se réduire |
|
à une pure notion de l'entendement; il faut que ce soit une puissance, une réalité. Le consentement universel |
|
est d'accord de ces prémisses; mais on se divise sur la conclusion, ce qui donne lieu à deux systèmes : l'un, |
|
celui de la transcendance, consiste à placer hors de l'homme, soit en un Dieu, soit en une autorité constituée, |
|
Eglise ou Etat, le sujet ou auteur du droit ; l'autre, celui de la Révolution, place le sujet juridique dans la |
|
conscience, et le fait identique à l'homme même. |
|
|
|
CHAPITRE PREMIER.-Définitions, méthode, maximes |
139 |
CHAPITRE II.—Comment l'idée d'un principe d'équilibre nous est donnée par l'opposition des intérêts. |
|
Hypothèses diverses. Premier exposé d'un état juridique |
145 |
CHAPITRE III.-Difficultés que soulève l'idée d'un état juridique. Impossibilité de changer de voie. |
|
A quelle condition la justice peut devenir une vérité |
155 |
CHAPITRE IV.-Réalisme de la justice. La transcendance et l'immanence |
167 |
|
|
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS |
189 |
|
|
DEUXIÈME ÉTUDE |
199 |
Les Personnes |
|
ARGUMENT |
|
Cette étude, ainsi que les suivantes, a pour objet de prouver que, dans l'hypothèse religieuse, quelle qu'elle |
|
soit, la Justice ayant sa réalité hors de l'homme, se réduit pour l'homme à une pure notion de l'entendement, |
|
sans action sur la conscience ; que de plus, par cette ablation de sa faculté justicière , ablation qui fait |
|
l'essence de toute religion, l'humanité se trouve constituée en un état de dégradation naturelle et |
|
d'immoralité invincible, dont la religion est impuissante plus tard à le faire sortir. Dogme fameux du |
|
péché originel, commun à toute église et à toute théodicée ; corruption des mœurs, en raison même de la religion. |
|
Forte de cette expérience, la Révolution explique par quelle illusion de l'optique intellectuelle l'homme pose |
|
hors de lui ce qui est en lui, et de sa propre Justice se fait une idole qui n'est plus lui ; comment, dans |
|
l'enfance des sociétés, cette hypothèse put servir à l'éducation des consciences ; comment ensuite, après avoir |
|
été l'auxiliaire de la conscience, la religion en est devenue le tyran. Réduction à l'absurde du système |
|
chrétien et de tous ses analogues : il n'y a de salut pour la Justice, la société, l'homme, que dans la Révolution. |
|
|
|
CHAPITRE PREMIER.-Principe de la dignité personnelle |
199 |
CHAPITRE II.—Identité de la dignité personnelle et du droit chez les anciens: subordination de l'idée religieuse |
205 |
CHAPITRE III.-Exaltation et déchéance de la personne humaine chez les anciens |
221 |
CHAPITRE IV.-Transition religieuse. — Le Christianisme tire les conséquences des prémisses posées par le |
|
Polythéisme et la Philosophie: condamnation de l'humanité |
237 |
CHAPITRE V.-Si le Christianisme a sauvé la dignité humaine ? Péril croissant de la Justice |
259 |
CHAPITRE VI.-Age nouveau : la Révolution. Immanence et réalité de la Justice |
281 |
CHAPITRE VII.-Définition de la Justice |
299 |
|
|
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS |
317 |
|
|
TROISIEME ÉTUDE |
363 |
Les Biens |
|
ARGUMENT |
|
L'hypothèse religieuse et la constitution ecclésiastique, quelles qu'elles soient, faisant de la justice une |
|
puissance extérieure et supérieure à l'Humanité, du droit un commandement, du devoir une sujétion, il en résulte, |
|
dans la pratique sociale, un complet arbitraire, non seulement quant aux personnes, déclarées indignes par |
|
nature et sans droits, mais quant aux biens, dont la distribution, suivant ce système, n'appartient qu'à Dieu |
|
et à l'Eglise, intéressée par sa foi au maintien du paupérisme, niant l'égalité des biens comme l'égalité des |
|
personnes, niant même toute espèce d'économie rationnelle, aboutit au système de communauté religieuse |
|
qu'elle tenta de généraliser au moyen âge, et qu'elle s'efforce de restaurer aujourd'hui. Immixtion illicite du clergé |
|
dans les affaires; accroissement illégitime de la propriété ecclésiastique ; péril pour les familles et le travail libre. |
|
—En regard de ce manque absolu de Justice distributive, inhérent à toute société constituée sur une idée mystique, |
|
la Révolution pose les fondements de la nouvelle économie sociale par une simple conversion de la réciprocité |
|
de respect ou droit personnel, en réciprocité de service ou droit réel. Théorie de l'égalité ; aperçu de |
|
l'équilibre économique. |
|
|
|
CHAPITRE PREMIER.—Position du problème de la répartition des biens, ou problème économique |
363 |
CHAPITRE II.—Doctrine de l'Eglise sur la distribution des biens. Explication du paupérisme par la grâce; |
|
institution de l'Autorité |
375 |
CHAPITRE III.-Pratique de l'Eglise depuis son origine jusqu'à la Révolution |
389 |
CHAPITRE IV.—Pratique de l'Eglise depuis la Révolution |
407 |
CHAPITREV.—Principe de la Révolution sur la répartition de la richesse. Accord des lois de l'Economie et de |
|
la Justice : l'Égalité |
433 |
CHAPITRE VI.—Balances économiques |
455 |
|
|
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS |
537 |
|
|
TOME II |
|
|
|
QUATRIEME ÉTUDE |
569 |
L'État |
|
ARGUMENT |
|
L'immoralité dans l'ordre politique est une conséquence de l'immoralité dans l'ordre économique. |
|
En vertu de son dogme, l'Eglise non seulement accepte cette immoralité nouvelle ; elle la confirme, elle la |
|
consacre par ses théories du règne providentiel et de la prédestination. Instabilité fatale des Etats, dont |
|
l'Eglise se prévaut comme d'un témoignage qui fait ressortir son éternité ; tentative avortée de théocratie ; |
|
destruction systématique de la morale par la substitution de la raison d'Etat à la Justice ; convulsions de |
|
la société. |
|
—A la place de ce nihilisme politique, la Révolution propose sa théorie positive et réaliste du pouvoir social, |
|
impersonnel, invisible, anonyme, résultant de l'action commutative des forces économiques et des groupes |
|
industriels, c'est-à-dire de la liberté même. |
|
|
|
CHAPITRE PREMIER. |
569 |
—Phénomène de l'instabilité des Etats. —Antipathie de la conscience humaine pour le gouvernement. |
|
—Origine du droit divin et de son équivalent, la souveraineté du peuple. |
|
—Exemple de la nation française. |
|
—Position du problème politique. |
|
CHAPITRE II. |
585 |
—Du gouvernement selon la Nécessité. |
|
—Comment l'instabilité de l'État résulte de l'inégalité des fortunes. |
|
—Métaphysique de la raison d'Etat. |
|
—Platon, Aristote, Spinoza, Rousseau, Machiavel. |
|
CHAPITRE III. |
607 |
—Du gouvernement selon la Providence. |
|
—Décret de prédestination : règne éternel du Christ ;catholicité ; théocratie. |
|
CHAPITRE IV. |
621 |
—Pratique du gouvernement type, ou gouvernement sacerdotal |
|
CHAPITRE V. |
647 |
—Dépravation de la morale publique par le gouvernement providentiel. |
|
CHAPITRE VI. |
673 |
— Initiation révolutionnaire : soulèvement des âmes contre la Providence |
|
CHAPITRE VII. |
687 |
—Du gouvernement selon la Justice. |
|
—Réalisme du pouvoir ; force collective ; constitution de la République. |
|
PETIT CATÉCHISME POLITIQUE |
694 |
I—Du pouvoir social, considéré en lui-même. p. 694 |
|
II—De l'appropriation des forces collectives, et de la corruption du pouvoir social. p. 705 |
|
III—Des formes du gouvernement et de ses évolutions pendant la période pagano-chrétienne. p. 715 |
|
IV—Constitution du pouvoir social par la Révolution. p. 723 |
|
V—Questions à l'ordre du jour. p. 733 |
|
|
|
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS |
743 |
|
|
CINQUIEME ETUDE |
775 |
L'Éducation |
|
ARGUMENT |
|
Quelle que soit la religion, produit d'une institution mystique ou d'une spéculation métaphysique ; |
|
que l'Eglise qui lui sert d'expression soit organisée pour l'aristocratie ou pour le communisme, dès lors |
|
que cette religion pose le principe du droit en dehors du sujet humain, il est fatal que l'éducation soit |
|
aussi hors l'humanité, et se résolve en un système de dépravation. Ainsi l'âme n'étant pas cultivée comme |
|
un germe vivant, qui possède sa loi en soi et ne demande qu'à se développer librement, mais traitée comme |
|
une nature uniforme, obscure et mauvaise, qui attend sa façon, son mouvement et sa qualité d'une action |
|
étrangère, l'homme devient, par l'éducation que lui donne l'Eglise, hypocrite, puisque sa conscience n'est |
|
pas en lui; étranger à lui-même, puisque sa fin est hors de lui ; étranger à la société, qui, par sa raison |
|
d'État, tantôt le fait serf tantôt le privilégie, dans tous les cas lui ôte la raison des choses et le respect |
|
des personnes ; étranger enfin à la terre sur laquelle il est comme exilé, et qui n'a rien de commun avec lui. |
|
Et comme le résultat inévitable d'une pareille éducation est de rendre, par la privation de toute justice propre, |
|
de toute franchise de l'esprit, de toute estime du prochain, de toute communion avec la nature, l'existence |
|
malheureuse, la mort sera d'autant plus misérable que la dévotion du sujet à sa foi aura été plus grande. |
|
—Théories contraires de la conscience libre, de l'enseignement égalitaire , de la possession de la nature, |
|
et de la bonne mort. |
|
|
|
PRÉAMBULE. |
|
CHAPITRE PREMIER. |
781 |
—Idée générale de l'éducation. |
|
—Intervention de l'idée religieuse. |
|
CHAPITRE II. |
795 |
—L'homme dans son for intérieur. |
|
—Symbolique du culte et de la prière. |
|
—Double conscience. |
|
CHAPITRE III. |
823 |
—L'homme devant la Société. |
|
—Loi du respect violée par l'éducation ecclésiastique. |
|
CHAPITRE IV. |
853 |
—L'homme au sein de la nature. |
|
CHAPITRE V. |
879 |
—L'homme en face de la mort. |
|
|
|
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS |
|
|
921 |