HELVÉTIUS |
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DE L'ESPRIT |
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DISCOURS I |
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DE L'ESPRIT EN LUI-MÊME |
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L'objet de ce Discours est de prouver que la sensibilité physique et la mémoire sont les causes |
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productrices de toutes nos idées; et que tous nos faux jugemens sont l'effet ou de nos passions, |
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ou de notre ignorance. |
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CHAPITRE PREMIER.Exposition des Principes |
15 |
CHAP. II. Des erreurs occasionnées par nos passions |
26 |
CHAP. III. De l'ignorance |
29 |
On prouve, dans ce Chapitre, que la seconde source de nos erreurs consiste dans l'ignorance des faits |
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de la comparaison desquels dépend, en chaque genre,la justesse de nos décisions. |
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CHAP. IV. De l'abus des mots |
42 |
Quelques exemples des erreurs occasionnées par l'ignorance de la vraie signification des mots. |
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Il résulte de ce Discours, que c'est dans nos passions et notre ignorance que sont les sources de nos |
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erreurs; que tous nos faux jugemens sont l'effet de causes accidentelles qui ne supposent point, dans |
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l'esprit, une faculté de juger distincte de la faculté de sentir. |
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DISCOURS II |
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DE L'ESPRIT PAR RAPPORT A LA SOCIÉTÉ |
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On se propose de prouver, dans ce Discours, que le même intérêt, |
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qui préside au jugement que nous portons sur les actions, et nous les fait regarder comme vertueuses, |
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vicieuses ou permises, selon qu'elles sont utiles, nuisibles ou indifferentes au public, préside |
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pareillement au jugement que nous portons sur les idées; et qu'ainsi, tant en matiere de morale que d'esprit, |
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c'est l'intérêt seul qui dicte tous nos jugemens: vérité dont on ne peut appercevoir toute l'étendue qu'en |
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considérant la probité et l'esprit relativement, |
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1°. à un particulier, |
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2°. à une petite société, |
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3°. à une Nation, |
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4°. aux differens siecles et aux differens Pays, |
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et 5°. à l'univers. |
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CHAPITRE PREMIER. Idée générale |
51 |
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CHAP. II. De la probité par rapport à un particulier |
56 |
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CHAP. III. De l'esprit par rapport à un particulier |
61 |
On prouve, par les faits, que nous n'estimons, dans les autres, que les idées que nous avons |
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intérêt d'estimer. |
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CHAP. IV. De la nécessité où nous sommes de n'estimer que nous dans les autres |
68 |
On prouve encore, dans ce Chapitre, que nous sommes, par la paresse et la vanité, toujours forcés de |
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proportionner notre estime pour les idées d'autrui, à l'analogie et à la conformité que ces idées ont |
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avec les nôtres. |
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CHAP. V. De la probité par rapport à une société particuliere |
77 |
L'objet de ce Chapitre est de montrer que les Sociétés particulieres ne donnent le nom d'honnêtes qu'aux |
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actions qui leur sont utiles: or l'intérêt de ces Sociétés se trouvant souvent opposé à l'intérêt public, |
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elles doivent souvent donner le nom d'honnêtes à des actions réellement nuisibles au public; |
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elles doivent donc, par l'éloge de ces actions, souvent séduire la probité des plus honnêtes gens; |
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et les détourner, à leur insu, du chemin de la vertu. |
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CHAP. VI. Des moyens de s'assurer de la vertu |
81 |
On indique, en ce Chapitre, comment on peut repousser les insinuations des Sociétés particulieres, |
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résister à leurs séductions, et conserver une vertu inébranlable au choc de mille intérêts particuliers. |
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CHAP. VII. De l'Esprit par rapport aux Sociétés particulieres |
87 |
On fait voir que les Sociétés pesent à la même balance le merite des idées et des actions des hommes. |
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Or, l'intérêt de ces Sociétés n'étant pas toujours conforme à l'intérêt géneral, on sent qu'elles doivent, |
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en conséquence, porter, sur les mêmes objets, des jugemens très-differens de ceux du Public. |
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CHAP. VIII. De la différence des jugemens du Public, et de ceux des Sociétés particulieres |
94 |
Conséquemment à la difference qui se trouve entre l'intérêt du Public et celui des Sociétés particulieres, |
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on prouve, dans ce Chapitre, que ces Sociétés doivent attacher une grande estime à ce qu'on appelle le bon |
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ton et le bel usage. |
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CHAP. IX. Du bon ton, et du bel usage |
100 |
Le Public ne peut avoir, pour ce bon ton et ce bel usage, la même estime que les Sociétés particulieres. |
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CHAP. X. Pourquoi l'homme admiré du Public n'est pas toujours estimé des gens du monde |
108 |
On prouve qu'à cet égard la différence des jugemens du Public, et des Sociétés particulières, |
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tient à la difference de leurs intérêts. |
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CHAP. XI. De la probité par rapport au Public |
115 |
En conséquence des principes ci-devant établis, on fait voir que l'intérêt géneral préside au jugement que |
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le Public porte sur les actions des hommes. |
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CHAP. XII. De l'Esprit par rapport au Public |
117 |
Il s'agit de prouver, dans ce Chapitre, que l'estime du Public pour les idees des hommes, est toujours |
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proportionnée à l'intérêt qu'il a de les estimer. |
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CHAP. XIII. De la probité par rapport aux siécles et aux Peuples divers |
127 |
L'objet qu'on se propose, dans ce Chapitre, c'est de montrer que les Peuples divers n'ont, dans tous les |
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siécles et dans tous les Pays, jamais accordé le nom de vertueuses qu'aux actions ou qui étoient, |
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ou du moins qu'ils croyoient utiles au Public. C'est pour jetter plus de jour sur cette matiere, |
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qu'on distingue, dans ce même Chapitre, deux différentes especes de vertus. |
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CHAP. XIV. Des vertus de préjugé, et des vraies vertus |
135 |
On entend ici, par vertus de préjugé, celles dont l'exacte observation ne contribue en rien au bonheur public; |
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et, par vraies vertus, celles dont la pratique assure la félicité des Peuples. Conséquemment à ces deux differentes |
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espéces de vertus, on distingue, dans ce même Chapitre, deux différentes espéces de corruption de moeurs; |
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l'une Religieuse, et l'autre Politique: connoissance propre à repandre de nouvelles lumieres sur la Science de la Morale. |
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CHAP. XV. De quelle utilité peut être à la Morale la connoissance des Principes établis dans les Chapitres précedens |
147 |
L'Objet de ce Chapitre est de prouver que c'est de la législation meilleure ou moins bonne que dépendent les vices |
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ou les vertus des Peuples; et que la plûpart des Moralistes, dans la Peinture qu'ils font des vices, paroissent |
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moins inspirés par l'amour du bien public, que par des intérêts personnels, ou des haines particulieres. |
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CHAP. XVI. Des Moralistes hypocrites |
153 |
Développement des Principes précedens. |
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CHAP. XVII. Des avantages que pourroient procurer aux hommes les Principes ci-dessus exposés |
157 |
Ces Principes donnent aux Particuliers, aux Peuples, et même aux Législateurs, des idées plus nettes de la vertu, |
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facilitent les reformes dans les loix, nous apprennent que la science de la même morale n'est autre chose que la |
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science de la législation; et nous fournissent enfin les moyens de rendre les Peuples plus heureux et les Empires |
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plus durables. |
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CHAP. XVIII. De l'esprit, consideré par rapport aux siécles et aux Pays divers |
165 |
Exposition de ce qu'on examine dans les Chapitres suivans. |
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CHAP. XIX. Que l'estime pour les differens genres d'esprit est, dans chaque siecle, proportionnée à l'intérêt qu'on a de les estimer |
166 |
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CHAP. XX. De l'esprit, considéré par rapport aux différens Pays |
183 |
Il s'agit conformément au Plan de ce discours, de montrer que l'intérêt est, chez tous les Peuples, le dispensateur |
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de l'estime accordée aux idées des hommes; et que les Nations toujours fideles à l'intérêt de leur vanité, n'estiment, |
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dans les autres Nations, que les idées analogues aux leurs. |
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CHAP. XXI. Que le mépris respectif des Nations tient à l'intérêt de leur vanité |
192 |
Après avoir prouvé que les Nations méprisent, dans les autres, les Mœurs, les Coûtumes et les usages différens des leurs; |
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on ajoute que leur vanité leur fait encore regarder comme un don de la Nature la supériorité que quelques-unes |
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d'entr'elles ont sur les autres: supériorité qu'elles ne doivent qu'à la Constitution politique de leur Etat. |
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CHAP. XXII. Pourquoi les Nations mettent au rang des dons de la nature les qualités qu'elles ne doivent qu'à la forme |
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de leur Gouvernement |
199 |
On fait voir, dans ce Chapitre, que la vanité commande aux Nations comme aux Particuliers; que tout obéit à la loi de |
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l'intérêt; et que, si les Nations, conséquemment à cet intérêt, n'ont point, pour la morale, l'estime qu'elles devroient |
|
avoir pour cette Science, c'est que la Morale, encore au berceau, semble n'avoir jusqu'à présent été d'aucune utilité |
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à l'Univers. |
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CHAP. XXIII. Des causes qui, jusqu'à présent, ont retardé les progrés de la morale |
204 |
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CHAP. XXIV. Des moyens de perfectionner la Morale |
209 |
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CHAP. XXV. De la probité par rapport à l'univers |
220 |
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CHAP. XXVI. De l'esprit, par rapport à l'univers |
222 |
L'objet de ce Chapitre est de montrer qu'il est des idées utiles à l'univers; et que les idées de cette espéce sont |
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les seules qui puissent nous faire obtenir l'estime des Nations. La conclusion génerale de ce Discours, c'est que |
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l'intérêt ainsi qu'on s'étoit proposé de le prouver, est l'unique dispensateur de l'estime et du mépris attachés aux |
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actions et aux idées des hommes. |
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DISCOURS III |
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SI L'ESPRIT DOIT ETRE CONSIDERE COMME UN DON DE LA NATURE, OU COMME UN EFFET DE L'EDUCATION |
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Pour résoudre ce Problême, on cherche dans ce Discours si la Nature a doué les hommes d'une égale aptitude à l'Esprit, |
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ou si elle a plus favorisé les uns que les autres; et l'on examine si tous les hommes, communément bien organisés, |
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n'auroient pas en eux la puissance Physique de s'élever aux plus hautes idées, lorsqu'ils ont des motifs suffisans pour |
|
surmonter la peine de l'application. |
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CHAPITRE PREMIER |
229 |
On fait voir, dans ce Chapitre, que, si la Nature a donné aux divers hommes d'inégales dispositions à l'Esprit, |
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c'est en douant les uns, préferablement aux autres, d'un peu plus de finesse de sens, d'étendue de mémoire, et de |
|
capacité d'attention. La question réduite à ce point simple, on examine, dans les Chapitres suivans, quelle influence |
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a sur l'esprit des hommes la différence qu'à cet égard la nature a pû mettre entr'eux. |
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CHAP. II. De la finesse des sens |
234 |
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CHAP. III. De l'étendue de la mémoire |
237 |
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CHAP. IV. De l'inégale capacité d'attention |
246 |
On prouve, dans ce Chapitre, que la Nature a doué tous les hommes, communement bien organisés, du degré d'attention |
|
nécessaire pour s'élever aux plus hautes idées: on observe ensuite que l'attention est une fatigue et une peine à |
|
laquelle on se soustrait toujours, si l'on n'est animé d'une passion propre à changer cette peine en plaisir; |
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qu'ainsi la question se réduit à savoir si tous les hommes sont, par leur nature, susceptibles de passions assez fortes |
|
pour les douer du degré d'attention auquel est attachée la supériorité de l'esprit. C'est pour parvenir à cette |
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connoissance, qu'on examine, dans le Chapitre suivant, quelles sont les forces qui nous meuvent. |
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CHAP. V. Des forces qui agissent sur notre ame |
262 |
Ces forces se reduisent à deux: l'une, qui nous est communiquée par des passions fortes; et l'autre, par la haine de |
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l'ennui. Ce sont les effets de cette derniere force qu'on examine dans ce Chapitre. |
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CHAP. VI. De la Puissance des Passions |
268 |
On prouve que ce sont les passions qui nous portent aux actions héroîques, et nous élevent aux plus grandes idées. |
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CHAP. VII. De la supériorité d'esprit des gens passionnés sur les gens sensés |
275 |
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CHAP. VIII. Que l'on devient stupide, dès qu'on cesse d'être passionné |
283 |
Après avoir prouvé que ce sont les passions qui nous arrachent à la paresse ou à l'inertie, et qui nous douent de cette |
|
continuité d'attention nécessaire pour s'élever aux plus hautes idees; il faut ensuite examiner si tous les hommes sont |
|
susceptibles de passions, et du degré de passion propre à nous douer de cette espece d'attention. Pour le découvrir |
|
il faut remonter jusqu'à leur origine. |
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CHAP. IX. De l'origine des passions |
289 |
L'objet de ce Chapitre est de faire voir que toutes nos passions prennent leur source dans l'amour du plaisir, |
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ou dans la crainte de la douleur, et, par conséquent, dans la sensibilité physique. On choisit, pour exemples en ce genre, |
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les passions qui paroissent les plus indépendantes de cette sensibilité; c'est-à-dire, l'avarice, l'ambition, |
|
l'orgueil et l'amitié. |
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CHAP. X. De l'avarice |
293 |
On prouve que cette passion est fondée sur l'amour du plaisir et la crainte de la douleur; et l'on fait voir comment, |
|
en allumant en nous la soif des plaisirs, l'avarice peut toujours nous en priver. |
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CHAP. XI. De l'ambition |
297 |
Application des mêmes Principes, qui prouvent que les mêmes motifs qui nous font desirer les richesses, nous font |
|
rechercher les grandeurs. |
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CHAP. XII. Si dans la poursuite des grandeurs, l'on ne cherche qu'un moyen de se soustraire à la douleur ou de jouir |
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des plaisirs physiques, pourquoi le plaisir échappe t'il si souvent à l'ambitieux? |
303 |
On répond à cette objection, et l'on prouve qu'à cet égard il en est de l'ambition comme de l'avarice. |
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CHAP. XIII. De l'orgueil |
309 |
L'objet de ce Chapitre est de montrer qu'on ne desire d'être estimable que pour être estimé; et qu'on ne desire d'être |
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estimé que pour jouir des avantages que l'estime procure: avantages qui se réduisent toujours à des plaisirs physiques. |
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CHAP. XIV. De l'amitié |
314 |
Autre application des mêmes Principes. |
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CHAP. XV. Que la crainte des peines ou le desir des plaisirs physiques peuvent allumer en nous toutes sortes de passions |
324 |
Après avoir prouvé, dans les Chapitres précedens, que toutes nos passions tirent leur origine de la sensibilité physique: |
|
pour confirmer cette vérité, on prouve, dans ce Chapitre, que, par le secours des plaisirs physiques, les Législateurs |
|
peuvent allumer dans les cœurs toutes sortes de passions. Mais, en convenant que tous les hommes sont susceptibles de |
|
passions, comme on pourroit supposer qu'ils ne sont pas du moins susceptibles du degré de passions nécessaire pour les |
|
élever aux plus hautes idées, et qu'on pourroit apporter en exemple de cette opinion l'insensibilité de certaines Nations |
|
aux passions de la gloire et de la vertu; on prouve que l'indifference de certaines Nations, à cet égard, ne tient qu'à |
|
des causes accidentelles, telles que la forme differente des Gouvernemens. |
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CHAP. XVI. A quelle cause on doit attribuer l'indifference de certains peuples pour la vertu |
330 |
Pour résoudre cette question, on examine, dans chaque homme, le mêlange de ses vices et de ses vertus, le jeu de ses |
|
passions, l'idée qu'on doit attacher au mot vertueux; et l'on découvre que ce n'est point à la nature, mais à la |
|
législation particuliere de quelques Empires, qu'on doit attribuer l'indifference de certains Peuples pour la vertu. |
|
C'est pour jetter plus de jour sur cette matiere, que l'on considere, en particulier, et les Gouvernemens despotiques |
|
et les Etats libres, et enfin les differens effets que doit produire la forme différente de ces Gouvernemens. |
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L'on commence par le Despotisme; et, pour en mieux connoître la Nature, on examine quel motif allume dans l'homme le |
|
désir effrené du pouvoir arbitraire. |
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CHAP. XVII. Du dêsir que tous les hommes ont d'être Despotes, des moyens qu'ils emploient pour y parvenir, et du danger |
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auquel le Despotisme expose les Rois |
340 |
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CHAP. XVIII. Principaux effets du Despotisme |
346 |
On prouve, dans ce Chapitre, que les Vizirs n'ont aucun intérêt de s'instruire, ni de supporter la censure; que ces |
|
Vizirs, tirés du corps des Citoyens, n'ont, en entrant en place, aucuns principes de justice et d'administration; et |
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qu'ils ne peuvent se former des idées nettes de la vertu. |
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CHAP. XIX. Le mépris et l'avilissement où sont les Peuples entretient l'ignorance des Vizirs; second effet du Despotisme |
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CHAP. XX. Du mépris de la vertu et de la fausse estime qu'on affecte pour elle: |
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troisiéme effet du Despotisme |
355 |
On prouve que, dans les Empires despotiques, on n'a réellement que du mépris pour la vertu, et qu'on n'en honore |
|
que le nom. |
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CHAP. XXI. Du renversement des Empires soumis au pouvoir arbitraire: quatriéme effet du Despotisme |
360 |
Après avoir montré, dans l'abrutissement et la bassesse de la plûpart des Peuples soumis au pouvoir arbitraire, |
|
la cause du renversement des Empires despotiques, l'on conclut, de ce qu'on a dit sur cette matiere, |
|
que c'est uniquement de la forme particuliere des Gouvernemens que dépend l'indifference de certains Peuples |
|
pour la vertu: et, pour ne laisser rien à desirer sur ce sujet, l'on examine, dans les Chapitres suivans, la cause |
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des effets contraires. |
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CHAP. XXII. De l'amour de certains Peuples pour la gloire et pour la vertu |
364 |
On fait voir, dans ce Chapitre, que cet amour pour la gloire et pour la vertu dépend, dans chaque Empire, de l'adresse |
|
avec laquelle le Législateur y unit l'intérêt particulier à l'intérêt géneral, union plus facile à faire dans certains |
|
pays que dans d'autres. |
|
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CHAP. XXIII. Que les Nations pauvres ont toujours été et plus avides de gloire, et plus fécondes en grands hommes, |
|
que les Nations opulentes |
368 |
On prouve, dans ce Chapitre, que la production des grands hommes est, dans tout pays, l'effet nécessaire des recompenses |
|
qu'on y assigne aux grands talens et aux grandes vertus; et que les talens et les vertus ne sont, nulle part, aussi |
|
recompensés que dans les Républiques pauvres et guerrieres. |
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CHAP. XXIV. Preuve de cette vérité |
372 |
Ce Chapitre ne contient que la preuve de la Proposition énoncée dans le Chapitre précedent. On en tire cette conclusion: |
|
c'est qu'on peut appliquer à toute espece de passions ce qu'on dit, dans ce même Chapitre, de l'amour ou de l'indifference |
|
de certains Peuples pour la gloire et pour la vertu: d'où l'on conclut que ce n'est point à la nature qu'on doit attribuer |
|
ce degré inégal de passions, dont certains Peuples paroissent susceptibles. On confirme cette verité en prouvant, dans les |
|
Chapitres suivans, que la force des passions des hommes est toujours proportionnée à la force des moyens employés pour |
|
les exciter. |
|
|
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CHAP. XXV. Du rapport exact entre la force des passions et la grandeur des récompenses qu'on leur propose pour objet |
376 |
Après avoir fait voir l'exactitude de ce rapport, on examine à quel degré de vivacité on peut porter l'enthousiasme des |
|
passions. |
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CHAP. XXVI. De quel degré de passion les hommes sont susceptibles |
383 |
On prouve, dans ce Chapitre, que les passions peuvent s'exalter en nous jusqu'à l'incroyable; et que tous les hommes, |
|
par consequent, sont susceptibles d'un degré de passion plus que suffisant pour les faire triompher de leur paresse, |
|
et les douer de la continuité d'attention à laquelle est attachée la superiorité d'esprit: qu'ainsi la grande inégalité |
|
d'esprit qu'on apperçoit entre les hommes dépend et de la differente éducation qu'ils reçoivent et de l'enchainement |
|
inconnu des diverses circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés. Dans les Chapitres suivans, on examine si les |
|
faits se rapportent aux principes. |
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CHAP. XXVII. Du rapport des faits avec les principes ci-dessus établis |
389 |
Le premier objet de ce Chapitre est de montrer que les nombreuses circonstances, dont le concours est absolument necessaire |
|
pour former des hommes illustres, se trouvent si rarement réunies, qu'en supposant, dans tous les hommes, d'égales |
|
dispositions à l'esprit, les Génies du premier ordre seroient encore aussi rares qu'ils le sont. On prouve de plus, |
|
dans ce même Chapitre, que c'est uniquement dans le Moral qu'on doit chercher la véritable cause de l'inégalité des esprits; |
|
qu'en vain on voudroit l'attribuer à la différente temperature des climats; et qu'en vain l'on essaieroit d'expliquer par |
|
le Physique une infinité de Phénomenes politiques qui s'expliquent très-naturellement par les causes morales. |
|
Telles sont les conquêtes des Peuples du Nord, l'esclavage des Orientaux, le génie allégorique de ces mêmes Peuples; |
|
et enfin la supériorité de certaines Nations dans certains genres de sciences ou d'arts. |
|
|
|
CHAP. XXVIII. Des conquétes des peuples du Nord |
393 |
Il s'agit, dans ce Chapitre, de faire voir que c'est uniquement aux causes morales qu'on doit attribuer les conquêtes |
|
des Septentrionaux. |
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|
CHAP. XXIX. De l'esclavage, et du génie allégorique des Orientaux |
401 |
Application des mêmes Principes. |
|
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CHAP. XXX. De la superiorité que certains Peuples ont eu dans les divers genres de sciences ou d'arts |
409 |
Les Peuples qui se sont le plus illustrés par les arts et les sciences, sont les Peuples chez lesquels ces mêmes arts |
|
et ces mêmes sciences ont été le plus honorés: ce n'est donc point dans la différente température des climats, mais dans |
|
les causes morales, qu'on doit chercher la cause de l'inégalité des esprits. La conclusion générale de ce Discours, |
|
c'est que tous les hommes, communément bien organisés, ont en eux la puissance physique de s'élever aux plus hautes idées; |
|
et que la différence d'esprit qu'on remarque entr'eux, dépend des diverses circonstances dans lesquelles ils se trouvent |
|
placés, et de l'éducation différente qu'ils reçoivent. Cette conclusion fait sentir toute l'importance de l'éducation. |
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DISCOURS IV |
|
DES DIFFERENS NOMS DONNÉS A L'ESPRIT |
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Pour donner une connoissance exacte de l'esprit et de sa nature, on se propose, dans ce Discours, d'attacher des idées |
|
nettes aux divers noms donnés à l'esprit |
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CHAPITRE PREMIER. Du Génie |
419 |
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CHAP. II. De l'imagination et du sentiment |
428 |
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|
CHAP. III. De l'Esprit |
442 |
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|
CHAP. IV. De l'esprit fin, de l'esprit fort |
446 |
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|
CHAP. V. De l'esprit de lumiere, de l'esprit étendu, de l'esprit pénétrant, et du goût |
459 |
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|
CHAP. VI. Du bel esprit |
467 |
|
|
CHAP. VII. De l'esprit du siecle |
473 |
|
|
CHAP. VIII. De l'esprit juste |
482 |
On prouve, dans ce Chapitre, que, dans les questions compliquées, il ne suffit pas, pour bien voir, d'avoir l'esprit juste: |
|
qu'il faudroit encore l'avoir étendu: qu'en général les hommes sont sujets à s'énorgueillir de la justesse de leur esprit, |
|
à donner à cette justesse la préférence sur le genie: qu'en conséquence, ils se disent supérieurs aux gens à talens; |
|
croient, dans cet aveu, simplement se rendre justice; et ne s'apperçoivent point qu'ils sont entraînés à cette erreur |
|
par une méprise de sentiment commune à presque tous les hommes, méprise dont il est sans doute utile de faire appercevoir |
|
les causes. |
|
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|
CHAP. IX. Méprise de sentiment |
490 |
Ce Chapitre n'est proprement que l'exposition des deux Chapitres suivans. On y montre seulement combien il est difficile |
|
de se connoître soi-même. |
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|
|
CHAP. X. Combien l'on est sujet à se méprendre sur les motifs qui nous déterminent |
491 |
Développement du Chapitre précédent. |
|
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CHAP. XI. Des Conseils |
501 |
Il s'agit d'examiner, dans ce Chapitre, pourquoi l'on est si prodigue de conseils, si aveugle sur les motifs qui nous |
|
déterminent à les donner; et dans quelles erreurs enfin l'ignorance où nous sommes de nous-mêmes à cet égard, peut |
|
quelquefois précipiter les autres. On indique, à la fin de ce Chapitre, quelques-uns des moyens propres à nous faciliter |
|
la connoissance de nous-mêmes. |
|
|
|
CHAP. XII. Du bon sens |
510 |
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|
CHAP. XIII. Esprit de conduite |
514 |
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|
CHAP. XIV. Des qualités exclusives de l'esprit et de l'ame |
523 |
Après avoir essayé, dans les Chapitres précédens, d'attacher des idées nettes à la plûpart des noms donnés à l'esprit; |
|
il est utile de connoître quels sont et les talens de l'esprit qui, de leur nature, doivent réciproquement s'exclurre, |
|
et les talens que des habitudes contraires rendent pour ainsi dire inalliables. C'est l'objet qu'on se propose d'examiner |
|
dans ce Chapitre et dans le Chapitre suivant où l'on s'applique plus particulierement à faire sentir toute l'injustice |
|
dont le public use, à cet égard, envers les hommes de génie. |
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|
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CHAP. XV. De l'injustice du Public à cet égard |
534 |
On ne s'arrête, dans ce Chapitre, à considérer les qualités qui doivent s'exclurre réciproquement, que pour éclairer |
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les hommes sur les moyens de tirer le meilleur parti possible de leur esprit. |
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CHAP. XVI. Méthode pour découvrir le genre d'étude auquel l'on est le plus propre |
545 |
Cette méthode indiquée, il semble que le plan d'une excellente éducation devroit être la conclusion nécessaire de cet |
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ouvrage: mais ce plan d'éducation, peut-être facile à tracer, seroit, comme on le verra dans le Chapitre suivant, |
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d'une exécution très-difficile. |
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CHAP. XVII. De l'éducation |
553 |
On prouve, dans ce Chapitre, qu'il seroit sans doute très utile de perfectionner l'éducation publique; mais qu'il n'est |
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rien de plus difficile; que nos mœurs actuelles s'opposent, en ce genre, à toute espece de réforme; que, dans les Empires |
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vastes et puissans, on n'a pas toujours un besoin urgent de grands hommes; qu'en conséquence, le gouvernement ne peut |
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arrêter longtems ses regards sur cette partie de l'administration. On observe cependant, à cet égard, que dans les Etats |
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monarchiques, tels que le nôtre, il ne seroit pas impossible de donner le plan d'une excellente éducation; |
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mais que cette entreprise seroit absolument vaine dans des Empires soumis au Despotisme, tels que ceux de l'Orient. |
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